Le site géographique de la zone du Ternoy a accueilli les premiers agriculteurs 
de Quincy-Voisins, il y a 7000 ans !

Vue générale du site archéologique de la future Zac du Ternoy

Interview de Anne HAUZEUR, archéologue, responsable des opérations du chantier de fouilles, employée par la société « Paléotime ». Elle est spécialisée dans le Néolithique et les limons de plateaux.

Anne HAUZEUR et son équipe  (12 personnes) effectuent  actuellement sur la zone du Ternoy (propriétaire et financeur des travaux de fouilles archéologiques : Aménagement 77 )  des fouilles préventives préalables à toute affectation de terrain à des fins commerciales.

Il s’agit de libérer le terrain de toute obligation envers la loi sur les découvertes archéologiques et la protection du patrimoine.

L’opération a débuté le 20 juillet par un décapage mécanique lourd (entreprise PIAN) de l’ensemble de la surface qui a fait l’objet de la prescription de fouille délivrée par le Service Régional de l’Archéologie de l’Ile-de-France. Les opérations de décapage se terminent actuellement.

Décapage mécanique de la surfaceA l'avant plan, les archéologues en train de fouiller une des fosses de la culture de Villeneuve-Saint-Germain

Découvertes de vestiges inattendus mais peu nombreux

Ces vestiges sont datés du Néolithique ancien. Ce sont les traces des premiers agriculteurs, éleveurs sédentaires de nos régions qui vivaient dans cette zone géographique il y a environ 7000 ans.

Ces vestiges sont rattachés à la culture de Villeneuve-Saint-Germain, un village de l’Aisne qui lui a donné son nom. A  cette époque sur cette zone, on a retrouvé les traces d’une communauté villageoise : les 1ers habitants sédentaires de Quincy-Voisins.

Les populations creusaient des fosses dont ils se servaient comme poubelles et dans lesquelles les archéologues retrouvent les objets de ces populations : fragments de poterie, outils en silex, et surtout des éléments de parure comme des bracelets en schiste et en terre cuite.

A cet endroit d’autres populations néolithiques sont venues s’installer. Elles ont taillé des lames de hache en silex pour ensuite les polir. Ces vestiges ont été trouvés au cours des opérations de diagnostic réalisées par l’INRAP. Actuellement, il n’y a pas d’autres vestiges de cette époque. Un long temps s’écoule pour arriver à la période gallo-romaine avec la découverte d’un gigantesque fossé qui traverse tout le site de fouilles selon un axe nord/sud.

Dégagement du tracé du fossé gallo-romain et vue de son profil

A proximité de ce fossé, on a retrouvé les traces d’une fosse profonde qui contenait les restes d’un cheval et d’un bovidé et qui pourrait bien avoir servi de citerne.

La "Citerne" gallo-romaine en cours de fouille

Les opérations de fouilles devraient se terminer au début du mois d’octobre. L’époque « Gallo Romaine » a pu précisément être datée par la découverte d’une céramique grise commune sur le fond. Les découvertes sont peu nombreuses, mais selon l’archéologue, elles documentent bien les occupations des plateaux de la région. Le site localisé sur un plateau est particulièrement exposé à l’érosion naturelle et n’a pas pu offrir plus de vestiges sur les communautés villageoises datant du Néolithique.